Les derniers jours sur l’île du Sud

Après avoir longé le Lake Tekapo et sa fameuse chapelle du bon berger, nous revenons sur les rives de l’océan Pacifique. On arrive dans la ville côtière de Timaru où nous passons deux nuits, principalement en raison de la pluie qui est annoncée pour la journée de vendredi. Il y a un endroit sur le port où il est possible de voir les fameux Little Blue Penguins et on s’y rend à la tombée de la nuit dans l’espoir d’en apercevoir quelques uns. Il y a plus de bipède comme nous que de manchots, mais nous avons quand même la chance d’en voir deux sur les rochers, et de pouvoir les photographier tant bien que mal, malgré la mauvaise luminosité. Il est judicieux de noter que le flash est interdit afin de ne pas perturber ces petites bestioles. D’une taille de 25 à 30 centimètres, ce sont les plus petits manchots du monde. Ils passent la journée en mer à pêcher, et reviennent à terre au crépuscule pour rejoindre leurs terriers. Le reste du séjour sera culturel, avec la visite d’une galerie d’art et d’un musée consacré à l’histoire de la colonisation.

Nous sommes de retour dans la province du Canterbury caractérisée par ses plaines alluviales propices aux grandes explorations agricoles. La région est l’un des greniers agricoles de la Nouvelle-Zélande et on y trouve de nombreuses cultures de blé, orge, maïs et betteraves, ainsi que des élevages de moutons et de vaches laitières. Nous remontons vers le Nord en empruntant la ‘Inlandl Scenic Route 72’ qui n’a de scénique que le nom. C’est vrai que les paysages sont beaux, mais c’est une succession de rectilignes bordées de haies de peupliers ou de pins qui font office de brises-vent.
En traversant le petit village de Mayfield nous tombons par hasard sur une foire agricole et rurale qui rassemble les habitants et les fermiers de la région. On s’y arrête histoire de s’imprégner un peu de l’ambiance locale, et on peut assister à un concours de tonte de moutons. Des tondeurs professionnels doivent tondre un mouton le plus vite possible tout en laissant une laine propre et régulière. C’est un vrai sport national et les meilleurs mettent moins d’une minute pour une tonte complète. J’ai personnellement trouvé étonnant de voir avec quelle docilité les moutons se laissent retourner dans tous les sens, sous les mains de ces experts en maniement de la tondeuse.
Étape du jour dans le village de Methven qui est connu par les amateurs de skis pour sa proximité avec le domaine skiable du Mount Hutt.
Le Canterbury est également connu pour ses vignobles et c’est pour cette raison que nous faisons à nouveau étape dans la petite ville de Amberley, où nous nous étions déjà arrêtés il y a quelques semaines. On consacre une journée à une virée dégustation dans les vignobles de la Waipara Valley qui se trouvent à une dizaine de kilomètres de Amberley. Nous commençons par le domaine de Greystone qui propose une dégustation de cinq vins pour environ 12 CHF par personne, ce qui est très correct pour la région. On se rend ensuite au domaine de Waipara Springs où nous avons rendez-vous avec Jean-Luc Dufour et son épouse, afin de faire connaissance autour d’un verre et d’un repas. Jean-Luc est un vaudois de La Côte, cousin de notre ami Jean-Michel Dufour, qui a émigré en Nouvelle-Zélande depuis plus de 30 ans. On passe un très bon moment en leur compagnie, à échanger sur nos parcours respectifs et sur nos connaissances communes de la région de La Côte vaudoise. Après s’être quitté, nous faisons encore une dernière dégustation au domaine de Black Estate qui est par contre beaucoup plus commercial et nettement moins convivial que Greystone. Il faut dire que la grande majorité des domaines appartiennent à des groupes américains ou australiens, et que le style est à des années lumières de l’accueil amical et spontané que l’on connaît auprès de nos bons vignerons suisses. Ce petit coup de gueule mis à part, nous avons tout de même passé une très belle journée ensoleillée à déguster de bons produits dans un cadre très agréable.

Cette fois-ci c’est par le col du Lewis Pass que l’on rejoint à nouveau et pour l’ultime fois la West Coast et la ville de Greymouth. Le Lewis Pass culmine à 907 mètres et est l’un des trois principaux cols traversant la chaîne des Alpes du Sud sur l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande, les deux autres étant le Arthur’s Pass et le Hasst Pass. Comme les prévisions météo sont incertaines, nous décidons de rester à Greymouth pour trois nuits de repos et de farniente, avant d’attaquer la fin de notre itinéraire sur l’île du Sud.
C’est avec le retour progressif du soleil que nous quittons Greymouth pour aller explorer la partie Nord de la West Coast qui est probablement l’un des tronçons les plus sauvages et spectaculaires de toute la Nouvelle-Zélande. La route borde la mer de Tasman et serpente entre des falaises qui plongent dans l’océan, dans un décor mystique accentué par la végétation incroyablement dense de cette forêt humide quasi tropicale. C’est une des rares régions au monde où l’océan et la forêt pluviale coexistent aussi intensément. Entre Greymouth et Westport, on fait un arrêt pour aller voir de plus près les Pancake Rocks, ces formations géologiques qui doivent leur nom à leur apparence en couches superposées rappelant une pile de crêpes. La puissance de l’océan et l’érosion ont créés des canaux souterrains et des cavernes dans lesquels s’engouffrent les vagues en provoquant de spectaculaires jets d’eau et des soufflants d’écume, surtout à marée haute. Nous continuons ensuite dans le même style de paysages jusqu’au petit village côtier de Karamea qui se trouve quasiment à la fin de la route sur la West Coast Nord. Le lendemain nous roulons encore les quelques kilomètres afin d’atteindre l’embouchure de la rivière Kohaihai qui correspond à la fin de la route. Après un bref coup d’œil au paysage, nous faisons donc demi-tour afin de revenir jusqu’à la ville de Westport où nous visitons un musée dédié à l’histoire des mines de charbon. Située à l’embouchure de la rivière Buller, Westport est l’un des berceaux de l’industrie charbonnière en Nouvelle-Zélande. Les gisements de charbon se trouvent dans les hauteurs escarpées à l’est de la ville mais la majorité des sites ne sont plus en activité aujourd’hui. Nous continuons ensuite jusqu’à la pointe du Cape Foulwind où nous passons notre dernière nuit sur la West Coast, dans une petite cabane au bord de la falaise. On fait une chouette balade autour du cap, dans l’ambiance dramatique de cette côte sauvage qui offre des paysages de plages sauvages bordées de falaises abruptes où viennent s’écraser les vagues puissantes de la mer de Tasman. Il faut en profiter car une journée sans pluie et sans vent, c’est vraiment exceptionnel pour la région.

Après avoir profité une dernière fois de la vue juste incroyable que l’on avait depuis notre lit, nous rassemblons nos affaires et disons adieu à la West Coast. C’est par la route qui serpente le long des gorges du fleuve Buller que nous rejoignons la région de Tasman, avec un arrêt sans prétention dans le village de Murchison, histoire de prendre notre temps. Les néo-zélandais sont fans d’oldtimers et ils profitent du dimanche pour faire des virées au volant de magnifiques modèles en excellent état.
Après un dernier coup d’œil aux magnifiques voitures anciennes qui animent les rues de Murchison, nous retrouvons Anthony qui est venu à notre rencontre afin de rejoindre ensemble la région de Blenheim, où nous passons nos deux derniers jours sur l’île du Sud. Anthony et Geraldine nous font découvrir leur région et nous passons de superbes moments ensemble à visiter plusieurs caves dans le vignoble autour de Blenheim. Pour nos dernières heures sur l’île du Sud, Anthony nous fais la surprise de nous emmener au bord d’une baie sauvage où nous attends son fils qui nous concocte un petit déjeuner à base de langouste et de pãua. La pãua, aussi appelée abalone, est un mollusque marin qui vit accroché aux rochers, surtout dans les eaux froides et agitées. Sa pêche est très réglementée en terme de taille minimale, quantité autorisée par personne et interdiction de plongée avec bouteille (uniquement snorkeling). C’est une délicatesse très populaire en Nouvelle-Zélande, surtout dans la culture maorie, ainsi qu’en Chine et au Japon. Merci à Anthony et Geraldine pour ce dernier souvenir magnifique, délicieux et très apprécié ! Nous nous dirigeons ensuite vers Picton afin d’embarquer sur le ferry qui nous ramène sur l’île du Nord, plus précisément dans la capitale Wellington que nous nous réjouissons de visiter...

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Otago côte Est et Mont Cook