Les derniers jours sur l’île du Nord
Nous dédions une journée grise et légèrement pluvieuse à la visite de la ville de Wellington. La capitale de la Nouvelle-Zélande est une ville compacte, vibrante et pleine de caractère. Après avoir pris notre petit déjeuner dans un café proche de l’hôtel, on fait une jolie balade le long du front de mer et dans les rues commerçantes du centre-ville. L’ambiance y est détendue et décontractée, typiquement dans le style propre aux kiwis. La légère bruine qui fait son apparition en milieu d’après-midi est l’occasion de nous rendre au Museum Te Papa Tongatewa, qui est un musée immense et assez impressionnant avec des expositions sur l’histoire de la Nouvelle-Zélande, sur la culture maorie, sur la faune et la flore du pays, sur la géothermie et l’activité sismique de la région, avec en plus quelques galeries d’art. On y est resté presque trois heures, mais c’est tellement immense qu’il faudrait plusieurs visites pour en faire le tour. Nous faisons encore un saut dans un magasin de bricolage pour y acheter plusieurs produits, brosses et micro fibres, car il va bientôt que je m’attaque au nettoyage de la Salamandre afin qu’elle soit nickel pour son prochain passage de douane…
C’est sous un ciel toujours bien chargé que nous partons en direction du Nord, en empruntant tout d’abord une très jolie route étroite qui serpente dans les collines auxquelles Wellington est adossée. La première moitié de l’itinéraire du jour a été très agréable, avec des paysages alternants entre vallées verdoyantes et côte sauvage, avant les derniers 100 kilomètres de voies rapides qui ont été bien monotones. Nous faisons étape pour une nuit à Whanganui qui est une charmante petite ville construite autour du fleuve du même nom.
Depuis Whanganui nous empruntons la State Highway 4 afin de rejoindre les rives du Lake Taupo, en passant au pied des volcans Ruapehu et Ngauruhoe qui se trouvent dans le Tongariro National Park. C’est à nouveau une très belle journée de moto, avec des routes superbes, une météo parfaite et quasiment pas de circulation. Le Tongariro National Park est l’un des paysages volcaniques les plus spectaculaires du pays, avec les volcans Ruapehu et Ngauruhoe qui dominent le paysage.
Avec une altitude de 2’797 mètres, le Ruapehu est le point culminant de l’île du Nord et également le volcan le plus actif de Nouvelle-Zélande. Le Mount Ngauruhoe est quant à lui moins haut mais il doit sa célébrité à sa forme conique quasiment parfaite ainsi que pour avoir joué le rôle du célèbre Mont Doom dans le film ‘Le Seigneur des Anneaux’. Ces deux volcans étaient aujourd’hui malheureusement cachés par des nuages et on a pas vraiment pu les admirer.
Pour ce qui concerne le Lake Taupo, c’est tout simplement le plus grand lac de Nouvelle-Zélande. Il a été formé il y a environ 1’800 ans lors d’une éruption du Taupo Volcano, qui est considérée comme l’une des plus puissantes éruptions de l’histoire récente de la Terre. Ses eaux sont réputées pour leur clarté et abritent une importante population de truites, faisant du lac un site reconnu pour la pêche sportive. Notre logement du jour se trouve directement au bord du lac avec une vue imprenable sur cette immense étendue d’eau.
C’est sous le brouillard que nous quittons notre studio en laissant derrière nous le Lake Taupo et les paysages volcaniques du Tongariro National Park. Nous prenons rapidement de la hauteur et au sommet d’un petit col nous avons la chance d’avoir une vue magnifique sur les volcans Ruapehu et Ngauruhoe qui émergent au dessus de la couche nuageuse. À partir de Taumarunui nous empruntons la Forgotten World Highway qui, comme son nom l’indique, nous fait arriver dans un monde un peu perdu et abandonné. La route se resserre, le trafic devient quasiment inexistant, et l’on entre dans une région isolée et presque hors du temps. Les kilomètres s’enchaînent dans des vallées profondes et chaque virage ouvre sur un paysage différent, sauvage et intact. On se croirait comme transportés dans un extrait du film ‘Le Seigneur des Anneaux’… Après avoir encore traversé le Moki Tunnel, qui est un passage étroit creusé dans la roche, nous atteignons le minuscule village de Whangamomona pour l’étape du jour. Ce petit hameau rural est presque inhabité et n’est aujourd’hui plus qu’une attraction touristique. L’endroit est célèbre pour s’être autoproclamé République de Whangamomona en 1989, et également pour son hôtel historique datant de 1911. Cet établissement est le cœur social du village, offrant hébergement, repas, boissons et passeports symboliques de la république.
Depuis Whangamomona il reste encore 60 kilomètres de routes sinueuses dans les collines verdoyantes avant d’atteindre la plaine, littéralement au pied du volcan Taranaki. C’est l’un des volcans les plus emblématiques de Nouvelle-Zélande, avec sa forme symétrique quasi parfaite qui fait qu’il est souvent comparé au Mont Fuji. La couverture nuageuse du jour et les forts vents d’altitude font évoluer très rapidement le point de vue, mais nous avons quand même la chance de réussir à le voir pendant une dizaine de minutes avant qu’il ne disparaisse à nouveau dans les nuages. Nous contournons ensuite le volcan à sa base jusqu’à la ville de New Plymouth qui est notre étape du jour, au bord de la mer de Tasman.
Ça fait maintenant une dizaine de jours que j’ai remarqué une fuite d’huile au niveau de l’amortisseur avant (telelever) de la Salamandre. De quelques gouttes au début, la fuite s’est accentuée ces derniers jours et je pense que la quasi totalité de l’huile s’est écoulée. L’amortisseur est naze et il est nécessaire de le remplacer, mais le délai d’obtention de la pièce en Nouvelle-Zélande est de quatre à six semaines et d’ici là on sera déjà dans notre prochain pays. J’ai donc commandé la pièce pour notre prochaine destination, et je roule en mode extrême prudence pour les 2-3 étapes qu’il nous reste jusqu’à Auckland.
On a donc dit adieu à la mer de Tasman pour remonter par l’intérieur de l’île, et nous faisons une étape juste à l’entrée du village d’Otorohanga, dans un joli B&B au milieu de la campagne.
Étant donné que l’amortisseur avant de la Salamandre fuit de plus en plus, nous avons décidé de zapper les derniers détours et d’emprunter l’itinéraire le plus direct en direction d’Auckland. En effet, la moto commence à avoir un comportement inhabituel sur l’avant et il serait imprudent de faire des kilomètres inutiles dans ces circonstances.
Le dernier tronçon se déroule sans mauvaise surprise et nous voici finalement de retour pour quelques jours à Auckland, où nous effectuons les premières phases de l’opération grand nettoyage de la moto et de nos équipements. Après trois jours passés au centre d’Auckland, nous nous déplaçons d’environ cinquante kilomètres vers le Nord pour retrouver nos amis Johan et Riccie que nous avions rencontré il y a quelques semaines sur le ferry qui nous emmenait sur l’île du Sud. Ces derniers on la gentillesse de nous accueillir chez eux afin que nous passions ensemble nos derniers jours en Nouvelle-Zélande. On est vraiment reçus comme des rois dans leur magnifique maison directement en bordure d’un estuaire qui débouche sur le golfe d’Auckland. Riccie s’occupe des repas, Johan me donne un immense coup de main afin de fignoler les derniers détails du lavage de la Salamandre, et nous on se laisse dorloter par ces nouveaux amis absolument merveilleux.
La pluie s’invite pour le dernier jour et c’est encore Johan qui nous sauve la mise avec sa remorque fermée qui nous permet de transporter la Salamandre chez le transitaire aérien sans devoir rouler sous la pluie, ce qui nous évite un ultime nettoyage et sèchage de dernière minute. La moto est finalement mise en caisse pour le transport et nous la laissons aux bons soins des employés de Rocket Freight International en lui souhaitant un bon vol. Pour ce qui nous concerne, nous disons un au-revoir ému et un immmense merci à Johan et Riccie avant de nous envoler pour la prochaine destination…
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