Le Nord du Canterbury
Notre arrivée dans la région du Canterbury est tout simplement phénoménale, avec un grand ciel bleu, une mer turquoise et une superbe route en bordure d’océan. Un peu avant d’arriver à Kaikoura, on s’arrête chez Nin’s Bin qui est une institution locale pour ses langoustes ultra fraîches. Un simple food truck en bordure d’océan, quelques tables de pique-nique avec vue directe sur le Pacifique et des langoustes pêchées localement, cuites simplement et servies entières. Pas de chichi, on commande, on casse la carapace et on savoure face à la mer. A quelques kilomètrres et juste en bordure de la route, le site de Ohau Point mérite également un bref arrêt afin d’observer une colonie d’otaries à fourrure dans leur habitat naturel.
Nous passons deux nuits dans la petite ville côtière de Kaikoura qui est coincée entre l’océan Pacifique et la chaîne des Seaward Kaikoura Range, ce qui donne un contraste spectaculaire entre la mer toute proche et les montagnes enneigées en arrière plan. En langage maori, le nom “Kaikoura” signifie “manger des langoustes” (kai = nourriture et koura = langouste), et il y a plein de stands en bordure de route qui proposent ce plat. Le revers de la médaille est l’afflux des touristes qui fait exploser les prix à des niveaux qui dépassent le raisonnable, et qui risque malheureusement à terme de faire perdre son charme à ce lieu.
Nous délaissons temporairement la route côtière qui est belle mais très fréquentée, et c’est par la route panoramique 70 et à l’intérieur des terres que nous continuons notre progression vers le sud. Le décor alterne entre plaines agricoles où paissent de nombreux troupeaux de moutons et vallées encaissées bordées de forêts, avec en alternance de superbes vues sur la chaîne des Alpes du Sud.
Un vent assez fort maintient la température en dessous des 20 degrés, avec un ressenti qui se situe probablement autour des 15 degrés. C’est frisquet pour rouler à moto et nous faisons une pause café bienvenue dans le petit village rural de Waiau. On continue ensuite jusqu’à Amberley où l’on mange dans un excellent petit restaurant avant de rejoindre notre logement pour l’étape du jour.
On décide d’éviter la ville de Christchurch pour l’instant et on se dirige directement vers les reliefs de la péninsule de Banks qui est l’un des paysages les plus spectaculaires du Canterbury. La péninsule correspond aux vestiges de deux anciens volcans éteints dont les cratères effondrés ont été envahis par la mer, formant aujourd’hui les ports de Lyttelton et d’Akaroa. Nous privilégions les petites routes, dont la fameuse Summit Road qui suit les crêtes des anciens cratères, offrant des panoramas spectaculaires sur des baies profondes et découpées. Entre collines rondes, falaises volcaniques sombres et baies turquoise, le contraste est saisissant. On séjourne pour deux nuits dans le village portuaire d’Akaroa, qui est probablement la localité la plus française de Nouvelle-Zélande. En effet, une tentative de colonisation au 19ème siècle a laissé des traces dans les noms de rues et l’ambiance du village.
Comme il n’y a pas grand chose à voir dans le village même, nous faisons une petite virée afin d’aller explorer les baies voisines de Okains Bay et de Little Akaloa. Et dans la communauté de Oakins Bay nous visitons un petit musée très intéressant sur le thème de la culture maorie et sur l’histoire de la péninsule de Banks.
Nous faisons ensuite une courte visite de la ville de Christchurch qui est la capitale et la plus grande ville de l’île du Sud. Elle fut partiellement reconstruite après les séismes de 2010 et 2011, dans un style un peu hétéroclite mélangeant architecture néogothique, bâtiments contemporains audacieux et de nombreux espaces verts. L’ancien tramway historique avec ses wagons d’époque est l’une des attractions emblématiques du centre-ville. À noter également la rue de New Regent Street avec ses bâtiments aux façades pastel et ses cafés animés. On y retrouve Maria et Michael, nos amis de Nidwald que nous avions rencontré au Cap Reinga, avec qui nous passons une superbe soirée à faire plus ample connaissance et à échanger sur nos expériences respectives en Nouvelle-Zélande.
Depuis que nous sommes dans ce pays, tous les locaux que nous avons rencontrés sont unanimes au sujet de la nécessité d’être flexible et d’adapter son itinéraire par rapport aux prévisions météorologiques. En effet, la Nouvelle-Zélande est située dans les 40èmes rugissants et est donc très exposée aux vents des océans qui l’entourent. La météo y est très changeante et relativement imprévisible, mais il y a un phénomène qui veut que s’il pleut sur l’une des côtes, il fait généralement beau sur l’autre. Et comme la pluie est annoncée pour les prochains jours sur la côte Est, nous décidons de changer nos plans et de prendre la direction de la côte Ouest. On emprunte donc la route du Arthur’s Pass, ce col mythique qui culmine à 920 mètres d’altitude et qui permet de rejoindre la côte Ouest en traversant le cœur sauvage de l’Île du Sud…
Le Nord du Canterbury