Coromandel & Bay of Plenty
C’est par un temps maussade mais heureusement sans trop de pluie, que nous entamons l’exploration de la côte située au Sud-Est d’Auckland. On commence par contourner le Firth of Thames, qui est une grande baie qui sépare la région d’Auckland de la péninsule de Coromandel. Le Coromandel est une longue péninsule montagneuse d’environ 85 kilomètres de long, couverte de forêts et entourée de plages spectaculaires, ce qui en fait l’une des régions les plus belles et appréciées de Nouvelle-Zélande. C’est sur la côte Pacifique de cette péninsule que l’on a loué une petite maison pour quelques jours, afin de découvrir tranquillement ce petit coin de paradis.
Nous faisons une quinzaine de kilomètres afin de nous rendre jusqu’à Opito Bay, qui est une très belle plage de sable clair située sur la côte est de la péninsule de Coromandel. La baie fait face aux îles Mercury et offre de superbes vues sur l’océan Pacifique. Autour, on trouve des collines verdoyantes typiques du Coromandel où l’on fait une petite balade afin d’atteindre Crayfish Bay, une petite crique sauvage où je peux me baigner dans une eau turquoise bien fraîche. Au retour sur la plage d’Opito Bay, on se refait une petite baignade histoire de profiter au maximum de cet endroit de rêve.
Nous partons pour la journée à la découverte de Cathedral Cove qui est l’un des paysages les plus emblématiques de Nouvelle-Zélande. Depuis notre logement nous devons faire une petite heure de moto afin d’arriver au début du sentier qui permet d’accéder au site. Il faut ensuite environ 45 minutes de marche le long d’un chemin qui serpente au travers de collines couvertes de végétation subtropicale, et d’où l’on a des points de vue magnifiques sur l’océan Pacifique, les falaises blanches et les îlots rocheux au large. Le cœur du site est une immense arche naturelle creusée dans la roche calcaire par l’érosion marine. Cette voûte majestueuse relie deux plages de sable fin et forme comme une véritable cathédrale de pierre ouverte sur la mer, d’où son nom. Quand on traverse ce passage on a l’impression d’entrer dans un décor presque irréel, avec d’un côté une crique intime dominée par des falaises sculptées, et de l’autre une plage plus large avec un grand rocher isolé planté dans l’eau turquoise. Après avoir pris notre temps pour admirer ce lieu unique et piqué une tête dans ces eaux rafraîchissantes, il faut refaire le chemin en sens inverse pour retrouver la Salamandre qui nous attend bien sagement sur le parking.
Nous passons ensuite par la plage voisine de Hot Water Beach avec dans l’idée d’expérimenter le phénomène naturel de ce lieu. En effet, à quelques mètres sous le sable circulent des sources d’eau chaude géothermiques qui sont dues à l’activité volcanique de la région. Pendant environ deux heures avant et après la marée basse, il est possible de creuser un trou dans le sable et de créer sa propre piscine thermale naturelle. Nous avons même emmené une bêche empruntée à notre logeur, mais l’énergie nous manque et la faim nous tenaille. On décide donc de rentrer et de remplacer cette activité physique par la dégustation d’une excellente pizza chez Luke’s Kitchen qui se trouve juste à côté de notre logement.
Avant de quitter la péninsule de Coromandel, nous faisons encore une journée plage jusqu’à New Chums Beach, qui est également considérée comme l’une des plus belles plages de Nouvelle-Zélande. Il faut dire qu’en matière de belles plages et criques sauvages, il y a par ici l’embarras du choix, et donc libre à chacun de se faire son propre opinion…
Pour rejoindre New Chums Beach, il faut d’abord longer la plage de Whangapoua puis traverser à pied le petit lagon situé à son extrémité. À marée haute, le passage se fait avec de l’eau jusqu’à la ceinture, ce qui ajoute un petit air d’aventure à la traversée. Après une courte marche dans une végétation tropicale, on débouche sur une grande plage totalement sauvage, sans route ni construction. On se croirait comme Robinson sur son île, et on peut profiter de se baigner dans une eau claire et pas trop fraîche. Il faut toutefois faire attention aux vagues de l’océan Pacifique qui peuvent très vite devenir plutôt imposantes. Au final une magnifique journée que l’on conclut par un apéro avec Richard et Jael, nos voisins de l’appartement du dessous qui viennent de Lucerne.
Il est temps de dire au revoir à la péninsule de Coromandel et de reprendre la route en direction du Sud. Nous faisons un premier arrêt à Tauranga qui se situe au bord de la Bay of Plenty. En fin d’après-midi et après avoir pris possession de notre logement, on roule jusqu’à la plage de Mount Maunganui qui se situe au pied du volcan du même nom, aujourd’hui éteint. Haut de 232 mètres, ce cône parfaitement dessiné est l’âme et le repère incontournable de Tauranga.
La région de la Baie de l’Abondance (Bay of Plenty) est l’un des grands greniers agricoles du pays où l’on trouve vergers de kiwis, plantations d’avocats et fermes maraîchères qui prospèrent grâce à un climat doux et ensoleillé. Son nom lui fut donné par le capitaine James Cook en 1769, impressionné par la richesse des cultures maories et l’abondance de ressources qu’il y observa.
Au départ de Tauranga, nous traversons la région de Te Puke où sont cultivés l’essentiel des kiwis néo-zélandais. Les immenses haies végétales que nous voyons au bord de la route sont plantées afin de protéger les cultures de kiwis contre le vent et les embruns salés, ainsi que de créer une sorte de micro-climat au niveau du sol. Cela forme de véritables murs qui peuvent atteindre une hauteur impressionnante de 10 à 20 mètres de haut.
Aujourd’hui on fait un saut de puce afin de rejoindre la ville de Rotorua, qui se situe au bord du lac du même nom. Nous nous trouvons toujours dans la Bay of Plenty, sur le plateau volcanique central et dans l’une des zones géothermiques les plus actives du pays. Partout dans la ville et ses environs, la nature bouillonne. On y trouve des sources chaudes, des mares de boue, des fumerolles et autres lacs volcaniques. L’odeur de soufre est omniprésente et nous rappelle en permanence que le sol vit sous nos pieds ! La région compte une quinzaine de lacs volcaniques aux eaux limpides ainsi que plusieurs grandes forêts de séquoias dont celle de Redwoods qui est à proximité de notre hôtel. Nous y faisons une belle balade au milieu de séquoias géants qui forment un environnement naturel impressionnant.
On pensait également profiter de l’un des multiples centres thermaux de l’endroit, mais le prix demandé nous fait vite revenir sur terre. En effet, dépenser plus de 50 CHF par personne pour passer une heure dans un bouillon de culture est décidément hors de prix et on se contentera donc de la piscine de l’hôtel.
Le site géothermique de Wai-O-Tapu (ce qui signifie les eaux sacrées) est situé à moins de 30 kilomètres au sud de la ville de Rotorua. On commence notre visite par le geyser Lady Knox que les responsables du parc stimulent chaque matin de manière artificielle afin de lui faire cracher un jet d’eau bouillante pouvant atteindre 20 mètres de hauteur. Le fait que ça soit provoqué enlève un peu de magie, mais ça reste quand même impressionnant. On continue avec le parc en lui-même en empruntant un parcours qui permet de découvrir des cratères actifs, des sources d’eau chaude et des bassins aux couleurs étonnantes dues aux minéraux. La célèbre Champagne Pool attire l’attention avec ses teintes turquoise et orange, tandis que le Devil’s Bath se distingue par son vert fluorescent. Plus loin, les Mud Pools montrent une boue en ébullition permanente. Partout, la terre respire, siffle et fume, rappelant que la Nouvelle-Zélande vit au rythme de ses volcans. Ce fut une balade fascinante au cœur des forces brutes de la nature, que nous achevons par une baignade relaxante dans les sources chaudes de la vallée de Waikite.
Coromandel & Bay of Plenty